• Lucie

Mongolie, au milieu de nulle part. 29 et 30 Mai 2018


29 mai

Sous ses dehors froids, notre hôte a été très attentif, et le départ est plutôt chaleureux. Pour ne pas être en reste de nos échanges, je lui offre un Opinel en remerciement.

Nous continuons notre route, par une longue piste. Au milieu de nulle part (on a souvent cette impression dans le désert du Gobi), on se heurte à un puits, où s’abreuve un troupeau. C’est une femme qui est là, qui travaille dur, et elle semble indisponible à l’échange ou au sourire. Je reste à distance pour ne pas déranger.

Un peu plus loin, se dresse une ferme dont la structure, en pierre, me parait exemplaire au niveau organisation. Les salutations avec le propriétaire sont courtoises. On se parle avec les mains, les gestes et les sourires, bien qu’on ne se comprenne pas du tout !

Nous arrivons ensuite dans un petit village, Bulgan, pour déjeuner. Le petit restaurant est incroyablement coquet. Une mère et sa fille, adorables, nous régalent de bon coeur.

Je vais aux toilettes publiques, au bout du village, ce sont les premières que je vois. Damned, elles sont fermées ! Mais deux jeunes filles m’apportent la clé, m’explique qu’elles sont payantes. Ah. Pas de billets sur moi mais elles me font confiance. Je repars ensuite en quête de mon billet de 500 tugrit pour les régler.

Après un nouveau et long morceau de route, on s’arrête au falaises rouges de Bayanzag. Les falaises sont magnifiques certes, mais il y a un petit stand, de souvenirs, qui retient mon attention. A y regarder de plus près, c’ est une femme qui le tient. Elle reste sur place jusqu’à la nuit, avec ses enfants, fabriquant de petits objets en laine de chameau pour les vendre aux passants.

J’achète une jolie théière dont je sais déjà qu’elle me vaudra des tracas à la douane. (ça n'a pas raté)

On s’installe et on dîne dans un camp de yourtes, plutôt sympa, au milieu des chameaux.

Après dîner, on retourne sans grand entrain aux falaises, ou nous arrivons trop tard pour les lumières.

30 mai

Le lendemain matin, nous partons en direction de la forêt des Saxaoul, toute proche, un arbre précieux car il limite l’érosion, nourrit les chameaux, sert de bois de chauffage... Mais lui aussi est en danger.

Pour mieux profiter de cette forêt, chacun se perd entre les arbres, ponctués par des ovos, ces monticules de pierre, ou bois, habillés de tissu et entourés d'offrandes, sacrés pour les mongols.

Il est temps de repartir... Plus loin, la route est toujours aussi désertique, et des chameaux innombrables nous offrent des mirages.

Le midi, nouvel arrêt dans un petit restaurant de village, où nous sommes, sans animosité aucune, regardés, et accostés. Un policier regarde toutes les photos sur ma tablette, et s’extasie sur la bonne santé des moutons français et la quantité d'herbe qui les entoure. Les enfants, comme souvent ailleurs dans le monde, jouent.

L’après midi, on finit la route, pour arriver dans un camp de yourtes très confortables. La rivière y est à sec.

A côté du camp, nous visitons le site des monastères d’Ongii, entièrement détruit en 1939 par le gouvernement communiste. Ce site abritait précédemment une quinzaine de temples et jusqu’à 1000 moines. Beaucoup de moines furent tués, d’autres enrôlés de force. La rivière fut détournée.

En souvenir, un des temples a été reconstruit, dont les clés sont détenues par une grand-mère, descendants d'un ancien moine, qui nous ouvre tout. Son petit-fils porte encore la longue tresse de l’enfance. Lorsqu’on coupe les cheveux d'un enfant pour la première fois, c’est le symbole du passage à l’âge de raison. Chaque invité coupe une mèche et offre un cadeau à l’enfant. (En Mongolie, tout le monde doit se raser la tête complètement une fois dans sa vie.)

Et on cache la dent tombée de l'enfant dans un bout de graisse qu l'on donne à un chien, pour que l’enfant ait d’aussi bonnes dents que lui.

Le récit de la veille ici

#gobi #désert

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