• Lucie Bressy

Sur les pistes

Ce matin, comme depuis quelques jours, la fraîcheur matinale me force à ouvrir les yeux. Il est à peine 7h. On se prépare notre petit déjeuner en attendant que le reste de la troupe renaisse à la vie. Mais quand ils ouvrent les yeux, c'est pour s'immerger dans les sources chaudes du camping. La source sort à 100 degrés, et selon la proximité que l'on choisit, on en sort juste réchauffé ou cuit à coeur. Petit miracle du matin, on rencontre un ami français, photographe. C'est ensuite l'heure du départ, et nous avons un peu échangé avec un islandais très sympa pour connaître les opportunités locales. On décide donc de partir pour un autre camping, 50 kilomètres plus loin. La journée commence donc par le franchissement du gué. Ce n'est que le premier de la journée.

On prend une nouvelle piste, la 208. Très très sauvage. Les gués s'enchaînent, plus ou moins larges, plus ou moins profonds. Le paysage est sombre, rude, mêlant sans discernement noir profond, rigoles vert vif avec parfois des touches de vert fluo. C'est tellement étrange qu'on progresse par bonds de 500m. À ce rythme là, il va nous falloir plusieurs jours !! On stoppe pour déjeuner entre deux gués, comme ça chacun sa chaîne télé. Certains véhicules sont énormes et le franchissement déplace une vague puissante et régulière. Pour d'autres, plus circonspects, c'est une aventure. Certains, en voiture de location pour la plupart, (donc potentiellement non autorisées sur les pistes centrales) jettent des cailloux dans l'eau pour sonder la profondeur, et s'élancent, mâchoire serrée et jointures des poignets blanches de stress. Ça passe pour tout le monde, les gués restent civilisés pour le moment. Plus loin, une française et son garçon est en proie à l'angoisse, elle est perdue, sans carte. Elle croit sa voiture en panne. Elle fait sonder les gués par son fils, en short pour l'occasion, qui les traversent à pied. Il est trempé et frigorifié. Une fois rassurée, la voilà repartie. Une guerrière !

De saut de puce en saut de puce, la journée s'écoule. Le paysage est rude, sauvage, quasi primitif. Impossible d'en comprendre les lignes, c'est un chaos dans lequel des moutons à la toison épaisse vaquent par petits groupes. Comme partout, il n'y a pas un arbre. La où nous ne voyons qu'horizontalité, les survols en drone révèlent des failles, des canyons insoupçonnés, des cascades à foison.




À l'arrivée au camping, le paysage change radicalement. Les formes s'adoucissent, les couleurs s'éteignent et évoquent une peinture au couteau, juxtaposition de bandes de couleur fanées. Au nouveau camping (le camping d'Holaskjol) nous retrouvons l'islandais jovial de ce matin, qui nous indique une cascade (Ofaerufoss) non loin. Le temps de monter le camp, nous y voilà reparti. On se gare au bout d'une toute petite piste la F223. Pour accéder à la cascade il y a une petite marche de 2km, particulièrement agréable. Cette cascade à une histoire, elle passait à travers une arche de pierre qui est tombée il y a quelques décennies. La vision d'en bas ne dévoile qu'une partie de la cascade et seul le drone nous en donnera la pleine mesure.



De retour au camping, nous partageons l'apéritif (du champagne !) avec l'islandais et sa femme. Pour le dîner, petites patates islandaises rôties à la poêle. Puis notre routine habituelle jusqu'à extinction des feux.

Le camping d'Holaskjol ici

La cascade d'Ofaerufoss

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The end.