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Dans les bras du fleuve Gambie

November 24, 2019

 

 

Le 22/11
Gérard et Sidi partent à l'aube pour les sources de la cascade, montée réputée particulièrement ardue. Je préfère rester tranquille en bas et aller au pied de la cascade directement avec Modou par une toute petite marche de rien du tout.
Il y a une belle chute sur 115 mètres de haut. Mais c'est surtout la fraîcheur ambiante qui rend le lieu précieux. Comme on attend nos deux marcheurs, on reste un moment à la cascade. Je suis au frais, j'en profite pour tester des trucs bizarres avec mon boîtier. J'entends déjà les remarques sur le non sens des photos produites mais en attendant je m'amuse et c'est le principal.
Voilà les héros du jour. Je ne peux m'empêcher de chercher les traces de fatigue sur le visage du mien, il a l'air frais comme une rose. Chapeau bas, je regrette ma flemme mais je sais que j'ai fait le bon choix. Dès qu'il fait chaud les douleurs de dents occupent toute la place, pas la peine de chercher les ennuis. On part, si rapidement que j'en oublie une paire de bons écouteurs. On a déjà franchi une partie de la piste infernale aussi je n'ai pas le cœur de demander à Modou de faire demi tour. On va essayer de régler ça en faisant confiance au hasard des allers retours des uns et des autres. À Kedougou après avoir fait nos adieux à Sidi, on déjeune au fast food de la station service et on nettoie un peu la voiture. J'achète des bonbons au gingembre qui me font regretter d'être née, et un genre de Labello local, 200 CFA.
On roule sur la route goudronnée, un vrai ruban de velours, on y croise des phacochères qui traversent, circonspects.
Je m'abandonne à la rêverie quand soudain, bim, on crève. Il fait une chaleur de gueux, on fait ce qu'on peut pour aider Modou à changer la roue, et après quelques péripéties on peut repartir.
Nous arrivons au campement hôtel de wassadou, havre de paix, sales, suants, et couverts de poussière rouge. Et là, oh bonheur, une vraie douche, froide certes, mais qui coule sans hoquet ni réticence nous permet de retrouver figure humaine.
Je m'échoue sur un banc à l'équilibre précaire, au-dessus d'une boucle du fleuve Gambie. La lumière décline, des oiseaux volent paresseusement, quelques pirogues passent. C'est le paradis.
J'attends que la lumière ait complètement disparu pour aller siroter ma bière quotidienne. Six français en vadrouille sont assis non loin, et je les entends évoquer le manque de confort du campement. Ah tiens, moi qui pensais être dans un palace ! Certes, l'électricité n'a cours que de 18h30 à 23h, l'eau ne coule pas en permanence, mais c'est de loin le plus confortable de tout ce que nous avons fait. Le plus cher aussi, d'ailleurs. 45000 CFA la demi-pension à deux dans un décor presque digne de Out of Africa.
Je déguste mon couscous (première entorse au couple poulet riz quotidien, quel bonheur. Et une salade de fruits pour faire oublier la banane, bi-quotidienne, c'est fabuleux.
Je reste toute la soirée à écouter le bruit des babouins et des oiseaux dans la pénombre.
Ensuite direction la moustiquaire pour une nuit pleine de rêves. 

 



Le 23/11
À sept heures sur le ponton la lumière est délicieuse. Une brume légère court sur le fleuve. Un ornithologue est déjà là, cherchant l'oiseau rare.
Le soleil monte vite et après le petit déjeuner, je laisse les garçons partir en ville chercher un nouveau pneu et, comble du luxe, des oranges !!
Pendant ce temps, je fais une lessive, je traîne, je bulle, dans une logique toute africaine. Je regarde les singes qui font un raffût de tous les diables. La journée s'étire dans une chaleur languissante. Une horde d'ornithologues, gros zoom sur ventres arrondis investit le ponton à l'heure ou je projetais d'aller faire mon tour en bateau. Zut et rezut, j'en retrouve une partie dans la grosse barque baptisée trompeusement pirogue.
Allez, sans rancune, je ne comprends pas ce qu'ils disent et réciproquement.
Et comme je suis de loin la plus leste, je me faufile à l'avant ou je peux me croire seule.
C'est parti pour une heure et demie de balade. Moi j'aimerai bien croiser les hippos mais les autres sont là pour cocher les oiseaux. Et des oiseaux il y en a : aigrettes, ibis, martins pêcheurs et autres. Des singes aussi.  

 

 

La soirée est tout aussi calme que la veille mais je suis prête à repartir. L'endroit est magnifique mais trop fréquenté pour moi.
Et pourtant ce soir les moustiques n'ont vu que moi, à en croire les multiples piqûres qui ornent mes chevilles. J'ose espérer que l'artemisia tiendra ses promesses tout en tamponnant les boutons qui s'épanouissent de mon mélange secret d'huiles essentielles anti grattage (secret parce que j'ai oublié ce que j'ai mis dedans. Je sais juste qu'il faudrait que j'y rajoute de l'huile essentielle de Niaouli pour apaiser aussi l'espèce d'eczéma qui gagne du terrain entre mes doigts.) 

Et c'est reparti pour une nuit africaine, pleine de rêves tous plus bizarres les uns que les autres.

 

 

 

 

 

 

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