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Sacrée journée

August 10, 2018

Assez lézardé, on file. Le temps de payer la note du camping, 22 euros pour deux nuits et une lessive, on est partis. Avec l'intention de faire plein de choses. Le marché de Baia Mare, qu'on ne trouve pas, et le musée du village, au même endroit. Je déteste les musées, mais ce genre là, j'adore. La reconstitution minutieuse d'un village il y a deux cent ans, avec les intérieurs à l'identique, les vêtements, les lits, couvertures... Les jardins, même ! ça me fascine. et tous ces intérieurs respirent un certain art de vivre, me semblent-ils, bien loin des austères maisons paysannes ardéchoises de la même époque.

 

 D'ailleurs, cette région de la Roumanie, les Maramures, c'est tranquille, paisible, ça respire la quiétude et l'harmonie. 

De là, on part vers Groși, ou doit se tenir l'enterrement d'un musicien, Dumitru Farcas, joueur virtuose de tárogató

(pour en savoir plus sur cet instrument, clic). Une figure nationale. 

ON s'installe à l'ombre, à l'extérieur du village, car déjà la police barre la route. 

Des voitures arrivent, et un monsieur qui passe, visiblement très ému, m'explique que cet homme, c'est un peu l'âme de la Roumanie. 

Des choristes, des prêtres, des militaires arrivent. 

 

Des voisins, des amis, la famille, tout le monde patiente à l'entrée du village, par où le cercueil arrivera. Une jeune femme à l'air triste et résolu, un Leica à la main, avise mon appareil photo, vient me saluer et me demande si je viens juste "faire des photos". J'exprime ma réserve à ce sujet, et lui explique du mieux que je peux ma présence. Quoi de mieux en effet que de vivre des moments forts de la vie des gens pour entrevoir leur sensibilité ? 

Il s'avère que Joanna est la nièce du musicien, et qu'elle a décidé pour traverser cette sombre après midi de figer sur les pellicules noir et blanc de ses deux boitiers les images des présents. Et elle m'encourage à faire de même. 

 

  Mais voilà que le convoi s'annonce... Et les chœurs orthodoxes se mettent à chanter, ce qui me bouleverse instantanément. La cérémonie se déroule lentement, ponctués de chants, de discours, et même de tirs à blancs lorsque le cercueil est descendu dans la fosse (au milieu du jardin familial). Ma voisine sanglote éperdument, je suis touchée de ce chagrin. 

 

Nous quittons les lieux après les adieux d'usage, et partons pour Viseu de Sus, un endroit magique pour moi, puisque c'est plein de trains.

On change de vallée et ce nouveau type de paysage, bien plus ouvert, plus rond, me remplit de plaisir.

 

On dort sur le parking de la gare, histoire d'être à pied d'oeuvre demain 

Mais chut, c'est l'heure de dormir, la suite bientôt!

 

La musée du village à Baia Mare ici

Le récit de la veille ici

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