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Chez les Tsaatans

November 13, 2017

Au petit matin, je me réveille la première. Un rai de lumière sur mes compagnons endormis laisse présager d'une belle journée à venir. Bravant le froid, je glisse hors du duvet pour démarrer le feu. Avec un bon couteau et le bois bien sec dont nous disposons, c'est un jeu d'enfant. Le feu bientôt crépite, et je mets de l'eau à chauffer. Les yeux s'ouvrent, la lumière de la pièce est magnifique, nous prenons quelques photos pour ne pas oublier ces instants, baignés de cette belle ambiance lumineuse. 

 

 

Nous sommes vite prêts, le temps de saluer nos hôtes d'un soir et dans la cour, quatre chevaux nous attendent. Ce sont des petits chevaux mongols. La distribution faite par leur propriétaire nous surprend un peu, car il attribue à Arnaud, de loin le plus costaud de l'équipe, le plus petit des quatre ! Ma foi, il doit avoir ses raisons.

 

 

Nous partons donc, au pas. Le ciel est chargé, le paysage immense, nous avons 25 km à faire, il va falloir faire bon ménage avec nos montures. Du pas, nous passons au petit trot, précautionneusement. Les selles sont plutôt rustiques, les étriers pas forcément à la même hauteur, et très vaguement adaptés à nos longueurs de jambes. Nous apprenons rapidement comment pousser nos chevaux de la voix, un "tchou" énergique sert à relancer les endormis... 

Nous sommes aux anges. Bientôt la file s'étire, Arnaud prend des photos à l'arrière nous semble-t-il... Mais la distance s'allonge de plus en plus, et bientôt le propriétaire des chevaux part à la recherche du retardataire. Il s'avère, et c'était prévisible car le tandem n'était visiblement pas pertinent, que le duo est bien mal assorti, et finalement Arnaud rejoint le véhicule, pour pouvoir prendre des photos plus facilement. 

Le trot s'allonge un peu, je cherche comment éprouver un peu de confort dans cette allure. Un moment je reste debout sur les étriers, un autre je reste obstinément assise... La journée risque d'être longue, mais quel privilège !

 

 

 

 Au milieu de journée, à un col, Urche et Dorgoo nous attendent avec un repas chaud. La descente est hasardeuse, nos muscles nous font savoir qu'ils ne sont pas habitués à ce traitement. On se réchauffe, on se sent l'âme conquérante. Normal, en Mongolie !

 

 

Après cette pause réconfortante, il faut repartir, car il reste encore la moitié du chemin. Le paysage ne varie guère, seule notre allure se fait plus soutenue. Marie trône à l'avant, avec notre guide Chingun et le propriétaire, Carole derrière eux et moi je ferme la marche. 

 

 

Au bout de quelques heures, nous quittons les grandes étendues ouvertes pour rentrer dans la taïga. Et très vite, quelques tipis apparaissent. Je franchis les quelques derniers mètres dans un état second, j'ai l'impression d'avoir fait un saut dans le temps. Les panneaux solaires, d'un modernisme incongru mais synonymes de confort, jouxtent les tipis.

 

 

La descente est hasardeuse, j'ai l'impression de ne pas marcher droit. Mais suffisamment pour rentrer dans l'un des tipis où nous attend le thé rituel. Nos hôtes sont charmants mais je les sens plus distants que les nomades. 

 

 

Mes yeux s'écarquillent, dans la tente, dont l’aménagement est très spartiate, se côtoie un poêle, une pendule rutilante, un ancien téléphone à touches, un néon, un miroir pour la toilette, une antique machine à coudre, quelques gamelles, deux lits, le tout posé sur un plancher rudimentaire. La toile de tente est une bâche en tissu épais dont une partie est remplacé par du plastique transparent, pour faire rentrer la lumière. La conversation se fait au dessus de nos têtes, nous participons par quelques gestes amicaux.

On fait un tour dehors pour comprendre le fonctionnement. il y a quelques rennes, mais le troupeau n'est pas sur place. Des chiens, quatre ou cinq tipis, des réserves sur pilotis pour les affaires à mettre hors de portée du sol, pour de multiples raisons. Le temps change sans arrêt, froid et neige, froid et soleil. 

 

 

 

Ensuite, nous prenons place dans notre tipi pour échapper au vent et à la neige qui tombe. Pas de plancher pour isoler de la neige, et il n'y a que trois lits pour nous quatre. Peu importe, on va dormir tête bêche avec Marie en tâchant de ne pas se flanquer par terre. 

 

 

Le repas est le bienvenu, et on se couche sans demander notre reste. Pour Marie et moi, il ne va pas falloir faire de gros mouvements, mais on devrait y arriver. 

Le récit de la veille ici 

Le lendemain

 

 

 

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