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Route de la transhumance, 1.

October 19, 2017

Après cette deuxième nuit de sommeil sous la yourte, plus calme que la première, nous nous réveillons frais et dispos (enfin, globalement.)

Le scénario de la veille se répète pour le lever, c'est Mama qui met la yourte en chauffe, et prépare tout pour la mise en route de la journée. 

Tout se passe sans heurts et dans le calme. Les rapports parents enfants sont plein de tendresse. 

 

Notre rejoindrons aujourd'hui la famille nomade dont nous suivrons la transhumance. Il faut donc reboucler nos sacs, et quitter les lieux dans notre vaillant petit camion. C'est également l'heure du départ pour l'équipe de Joel, qui va traverser le lac Khovsgol, chacun sur son traîneau et avec ses chiens. Nous les laissons partir en premier, car leurs préparatifs demandent de l'attention et de l'énergie.  

Les chiens comprennent en voyant les préparatifs que le départ est proche, et sont fous d'excitation. Les aboiements sont de plus en plus impérieux et sonores, mais lorsque le signal du départ est donné, d'un seul coup, le silence revient. Les filins se tendent, les chiens s'élancent, et tout redevient harmonie. 

 

 

C'est à notre tour de faire nos adieux. Nous échangeons des petits cadeaux, on prend quelques photos de la famille, et regardons les yourtes et la cabane rétrécir au lointain. Nous prenons une piste sur le bord du lac, sinuant entre les arbres, en ignorant avec superbe les creux et buttes, en direction du col de Jigleeg, un lieu éminemment venté. Nous commençons notre ascension, et rapidement, nous rejoignons un premier véhicule, lourdement chargé de l'habillage complet d'une yourte. et qui suit, ô émotion, des yacks. Ce sont les yacks qui guident la transhumance, mû par un instinct venu du fond des âges. Ils sont lourdement chargés. 

 

 

Nous continuons notre progression dans une montée difficile, pour attendre le troupeau avant le col. Nous sommes tous très émus, car le spectacle de la cohorte des animaux qui montent en ligne droite vers nous dans ce paysage grandiose porte en lui le souvenir des milliers de transhumances passées, d'ici et d'ailleurs.

 

 

 

Derrière le troupeaux de yacks et de vaches, un groupe de cavaliers ferment la marche. Nous avons rejoint la famille ! Nous ferons leur connaissance plus tard, ce soir. Tout le monde est vétu d'un long manteau, le deel, ceint d'une longue bande de tissu, aux multiples usages, et coiffé de bonnets/foulards. Le yack de tête porte le coffre où sont rangées les affaires les plus précieuses, les autres sont tout autant chargés. L'un porte les chevreaux trop jeunes pour marcher une journée entière, l'autre la toile de tente .

Derrière ce premier troupeau se profile un long ruban de chèvres et moutons, suivi par la jeune fille de la famille. 

 

 

 

 

 

Au col, le paysage est grandiose et dévoile de nouvelles montagnes.

 

En contrebas, sur notre droite, c'est un troupeau de chevaux qui arrive avec fougue, je suis aux anges; 

Une fois passé la partie plateau, ou la progression reste sans surprise, il nous faut traverser une première rivière gelée. 

Pour le véhicule, c'est facile, même si nous sommes précautionneux. Pour les troupeaux, c'est une autre affaire. Je m'installe, solitaire, en hauteur, pour mieux me réjouir de l'arrivée des troupeaux. Ce sont des chèvres et moutons qui vont d'abord traverser. Spontanément, ils forment de long rubans et serpentent sur la glace avec précautions. Lorsque c'est trop lisse, les nomades sont obligés de répandre de la terre sur la glace pour éviter les glissades et la panique dans les rangs. J'ai bien choisi ma place, et le troupeau remonte juste à mes côtés. 

Un autre arrive, nos futurs hôtes. Tout se fait sans heurts, selon des codes bien rodés. Enfin, arrive le troupeau de chevaux, en point d'orgue à ces fabuleuses processions. 

 

 

 

Nous reprenons la route à la recherche de notre lieu de bivouac. Si possible, à l'abri du vent... Notre chauffeur, nomade lui-même, et qui a confié son troupeau à sa famille, connaît l'endroit comme sa poche et nous trouve un petit coin de paradis, non loin de nos hôtes, qui sont déjà installés sous une tente militaire qui a connu des jours meilleurs, et gentiment nous réchauffent avec du thé (mongol).

 

 

Il ne reste plus qu'à monter notre tente, fabrication mongole, faite dans un improbable tissu à motifs colorés des plus réjouissants. Oh, ce n'est pas sorcier de monter une tente ici, on abat quelques troncs de mélèze, bien droits, pour faire les mâts, on en taille quelques autres pour faire des piquets, et si le sol est trop gelé pour les piquets, et bien on fait tenir la toile au sol avec des grosses pierres. L'important, c'est de pouvoir monter le poêle, de mettre l'eau à chauffer pour un nouveau "mongol tea" qui va nous redonner un peu de chaleur. Après, on peut passer au reste. Dérouler les tapis de sol pour s'isoler du froid, couper du bois pour alimenter le feu, préparer à manger, mettre nos chaussures à sécher et les doigts de pied en éventail devant le foyer.

 

 

La nuit tombée, nous sommes béats. il règne une chaleur très agréable et je me fais violence pour sortir faire un peu d'images nocturnes, ça pince vraiment dehors... Mais la fatigue et les émotions a raison de l'équipe, et tout le monde tombe endormi. 

 

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