• Lucie Bressy

Traversée.

Notre but cette année est d'explorer un peu le centre de l'île. Pour ce faire il faut emprunter des pistes, ouvertes uniquement l'été. De là où nous partons, il faut déjà rejoindre une des entrées de ces hautes terres. Si à vol d'oiseau, ça paraît tout bête, quand il faut longer les fjords c'est une tout autre affaire. Notre véhicule et sa remorque avalent donc les kilomètres. Au détour d'une route se dévoile une de ces cascades dont l'Islande a le secret, Dynjandi. Il s'agit plutôt d'une suite de cascades. C'est franchement magnifique, mais comme c'est aussi l'avis d'un car de touristes puis de deux, puis de trois, je leur laisse bien volontiers la place. Nous fuyons, littéralement.



Je retrouve avec délices mes sensations et habitudes nomades. Bercée par le véhicule, je suis absente, en apesanteur dans un monde minéral. Même si je sais bien qu'à la fin de la route tous les soucis auxquels cette fuite me permet d'échapper m'attendront.

Nous roulons donc, sous un soleil et une chaleur tout aussi inhabituels que suspects. Presque 20 degrés, pas un poil de vent.

Un dernier plein car l'essence se fera rare sur les pistes et nous voilà enfin à l'orée de l'aventure. La piste F35, qui nous emmène vers Kerlingerfjoll.

Il est tard, nous cherchons sur le GPS une piste transversale qui nous permettra de poser le bivouac. Le tourisme de plus en plus présent en islande a quelque peu modifié les règles et les bivouacs sont tolérés s'ils sont discrets, respectueux et à distance d'un camping officiel. Sauf pour les marcheurs et les vélos. Il faut néanmoins rester très vigilant à la végétation. Certaines mousses au sol sont extrêmement fragiles et il est interdit de les fouler sous peine de les détruire irrémédiablement.

Une fois la place de bivouac trouvé, la routine vespérale s'enclenche. L'instant est parfait, et quelques heures après, c'est l'âme et le ventre plein que nous montons dans notre cocon : la tente de toit.





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The end.