• Lucie Bressy

Quatrième dimension

Au petit matin, on se lève rapidement pour quitter l'endroit. Mais la pluie est plus rapide que nous, et le temps de tout plier, c'est bien mouillés que nous quittons les lieux.



On reprend donc directement la route. Tout est minéral, le sol est sombre, parsemé de rochers noirs. plus loin, les sources chaudes d' Hveravellir nous permettent un arrêt reconstituant. il y a une petite infra structure avec café, toilettes, tout pour se réchauffer.



Pour l'instant, les paysages me sont familiers, je reconnais certains endroits, des souvenirs remontent. On reprend la route en direction de Kerlingarfjoll, le paysage et de plus en plus désertique, horizontal. la brume surgit. On y voit plus grand chose.

Un arrêt pique-nique où on tend une corde pour faire sécher ce qui a été mouillé, et nous voilà repartis, jusqu'au but. Incroyable, je reconnais le camping, je suis aussi déjà venue ici. Les noms islandais ne sont décidément pas simples à mémoriser. Instruits par l'expérience, on monte le camp avant de partir explorer le lieu. Sur les hauteurs, un belvédère au dessus du canyon révèle une boucle de rivière à la Whitehorse, et la brume se déchire pour laisser deviner un des deux glaciers. Arrivés là haut, je crains le pire, tout semble recouvert de nuages. Quelques trouées me laissent deviner un paysage fantastique, des couleurs franches. Et c'est encore mieux que ça. Les fumées des sources chaudes rajoutent encore au côté fantomatique et le lieu est magique, incroyable. on peut s'y promener des heures, les couleurs (même sans soleil) sont denses, les odeurs (de soufre) franches, tout est à voir, contempler, admirer. On se croirait sur une autre planète. J'en prends plein les yeux.



Tellement qu'une fois remontée, je redescends ! La deuxième remontée est plus laborieuse.

De retour au camp, après avoir tous repris des forces, une trouée de lumière nous décide à remonter. Le canyon a pris des couleurs, de la densité, des formes nouvelles et changeantes. Le glacier apparaît, de plus en plus. Des nuages se disloquent, s'effilochent et une montagne, puis deux, puis trois se révèlent.



Je descends les pentes, et la vue d'un névé aux formes particulières me fait remonter des souvenirs : j'ai fait des photos ici, de nuit ! Il y a quelques années de cela. Mais la météo d'aujourd'hui ne révèle à cet endroit précis qu'une partie de ce que j'avais pu voir la fois précédente. L'usage du drone comme le fait Arnaud permet de prendre la mesure du paysage.



De retour au camp, nous reprenons la routine avec un luxe supplémentaire, on dort au sol dans une grande tente, camping 4 étoiles donc.

Durant la nuit, les moutons folâtrent entre les véhicules et les tentes, pleins de voix et d'énergie.




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The end.